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Pourquoi ne se sent-on pas entendu même quand on pense bien communiquer ?


Il y a ces moments déroutants dans une relation : les mots sont calmes, respectueux, parfois même bien formulés…et pourtant, quelque chose ne passe pas.

On repart avec cette sensation frustrante :

« J’ai parlé, mais je n’ai pas été entendu. »

Le problème n’est souvent pas le contenu de la communication, mais l’état intérieur depuis lequel elle a lieu. Et c'est là que l’expérience somatique devient essentielle.


Être entendu n’est pas être écouté

On peut être écouté :

  • sans être rejoint

  • sans être ressenti

  • sans être reconnu


Dans l’intimité, nous ne cherchons pas seulement :

  • une réponse logique

  • une solution

  • un accord

Nous cherchons avant tout une résonance.

Et la résonance ne se crée pas dans les mots, mais dans le corps.


Le décalage somatique invisible

Très souvent, deux personnes parlent depuis des états nerveux différents.

Par exemple :

  • l’un est activé, chargé émotionnellement, en quête de lien

  • l’autre est régulé en surface, mais coupé de ses sensations


Résultat :

  • les mots circulent

  • mais les corps ne se rencontrent pas

Et sans rencontre corporelle, il n’y a pas de sentiment d’être entendu.


Quand le féminin parle… mais n’est pas reçu

Dans une polarité plus féminine, parler sert souvent à :

  • partager une expérience intérieure

  • être reconnue dans un ressenti

  • sentir que l’autre est présent avec soi


Si l’autre écoute depuis un mode :

  • analyse

  • distance

  • réparation

le corps féminin peut se contracter, même si les mots sont “justes”.

Somatiquement, cela ressemble à :

  • gorge serrée

  • ventre noué

  • émotion qui monte au lieu de se déposer

Le message implicite devient : « Ce que je ressens est trop, ou malvenu. »


Quand le masculin se tait… mais reste incompris

À l’inverse, une polarité plus masculine peut se retirer non par désintérêt, mais pour :

  • éviter l’escalade émotionnelle

  • se protéger d’un sentiment d’impuissance

  • garder un minimum de contrôle interne


Somatiquement :

  • respiration bloquée

  • corps figé

  • énergie retenue

Mais ce retrait est souvent interprété comme :

« Tu n’es pas là. »

Le silence devient alors un langage mal compris.


Le vrai besoin derrière la communication

Derrière chaque tentative de communication, il y a une question cachée.

Souvent :

  • « Est-ce que tu me vois vraiment ? »

  • « Puis-je être moi sans te perdre ? »

Ces questions ne cherchent pas une réponse verbale. Elles cherchent une présence incarnée.


L’expérience somatique : la clé manquante

L’approche somatique nous apprend que :

  • un corps en sécurité écoute différemment

  • un corps régulé peut rester ouvert à l’émotion

  • un corps présent communique même en silence


Avant de parler, il est parfois plus efficace de :

  • ralentir la respiration

  • sentir ses appuis

  • reconnaître son propre état interne

On ne peut pas faire sentir à l’autre qu’il est entendu si l’on n’est pas d’abord présent à soi.


Être entendu, c’est être rencontré

On se sent entendu quand :

  • le regard est là

  • le corps de l’autre est disponible

  • l’écoute n’est pas une stratégie

Ce n’est pas une question de technique de communication, mais de qualité de présence.


La relation ne se joue pas dans ce qui est dit, mais dans ce qui circule entre nous.


Si tu ne te sens pas entendu, ce n’est pas forcément parce que tu t’exprimes mal. Et si tu n’arrives pas à entendre l’autre, ce n’est pas forcément par manque d’amour.

Souvent, ce sont simplement deux systèmes nerveux qui ne se rencontrent pas encore.

La communication commence là où le corps se sent suffisamment en sécurité pour rester ouvert.


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