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Film, Time of the Sixth Sun


Par Barbara Steudler

“Mais pourquoi ces peuples sont si importants à entendre et soutenir aujourd’hui, au delà des milieux de la transition écologique?

Dans leur bienveillance, les premières nations ont gardé des liens forts avec leur environnement. La majorité de ces peuples ont une relation vivante dans leurs liens à la nature malgré la grande influence que l’occident a apporté avec ses idées du progrès, ses principes d’échanges basés sur la monnaie, sa vision de l’éducation et de la religion. La notion de respect et le principe d’inclusivité sont deux notions essentielles et communes à la majeure partie des peuples premiers dans leur rapport sociétal mais également dans leur lien au monde végétal et plus global.

Tous les peuples indigènes de la Terre ont en commun cet amour puissant de la nature et de la forêt. Prêt à mettre leur vie en jeu pour préserver leur environnement, ils sont véritablement les peuples les plus engagés pour préserver le vivant.

Malgré une histoire complexe, de la colonisation et du génocide de ces peuples, ils restent de manière homogène dans une dynamique résiliente. Leur sens de l’harmonie, du réel et de la valeur commune avant l’individualité leur permet de vivre en symbiose avec des environnements vierges.

Aujourd’hui ces peuples sont extrêmement importants pour la sauvegarde de l’Amazonie. Ces populations sont le principal problème des compagnies d’exploitation forestière ou les grandes plantations et les agriculteurs migrants soutenus par les politiques publiques des grands États forestiers, car elles les empêchent d’accéder librement aux ressources de la forêt. Tout ces colons représentent d’ailleurs la menace la plus redoutable pour les populations forestières, comme l’ont montré les exactions menées en Amazonie par les chercheurs d’or et autres aventuriers.

Encore un grand nombre de ces peuples possèdent un mode de vie nomade. Il existe encore d’autres peuples qui vivent à l’écart complet du monde moderne, en autarcie totale, loin de la folie des marchés et de l’influence des politiques, soit volontairement soit parce qu’ils n’ont pas encore eu un contact avec notre civilisation. « La présence des chercheurs d’or, par exemple, a un impact dévastateur sur les populations indigènes. Ils corrompent les leaders locaux afin de pouvoir rester sur place et créent un climat d’instabilité au sein du groupe, ils abusent des femmes, transmettent aussi des maladies… ».Témoignage autour du peuple Yanomani

Et lorsqu’ils ne se rendent pas directement complices de telles pratiques, le gouvernement central et les autorités locales ferment les yeux. « L’Amazonie est une terre sans loi ». Les politiciens sont souvent eux-mêmes de grands propriétaires terriens qui facilitent, voire provoquent les invasions, la déforestation, la monoculture et la propagation des sociétés minières. Les dommages infligés aux indigènes sont souvent terribles.

L’Amazonie compte 250’000 indiens et un nombre encore plus important de caboclos, populations métissées installées au bord des fleuves et pratiquant une horticulture de subsistance. Une grande partie de ces habitants de la forêt en dépendent entièrement pour obtenir leur nourriture quotidienne, leurs matériaux, leurs revenus, leur reproduction sociale et leurs médicaments, à travers des systèmes complexes et adaptés qui associent chasse, pêche, cueillette, arboriculture et agriculture permanente. L’éducation des enfants, les soins aux personnes âgées et infirmes, l’organisation et la direction de nombreux rituels, le maintien de l’ordre et de la conduite commune des choix et besoins communautaires complètent leurs activités.

Leur connaissance du vivant fait partie intégrante de leur premier apprentissage. Par exemple, un enfant, fille ou garçon, du peuple Ashaninka aura appris avec son père, à l’âge de 5 ans, à reconnaître toutes les plantes toxiques et les animaux de la forêt, mais aussi tous les antidotes afin de se soigner ou aider un proche. À l’âge de 7 ans il sera capable de se retrouver seul au cœur de la forêt et de s’y abriter, s’y repérer mais aussi de s’y nourrir en chassant et pêchant.

Pour les peuples indigènes, la préservation des forêts et la promotion d’une agriculture durable vont de pair avec la préservation des savoirs traditionnels. En Amazonie comme ailleurs, leur culture est directement liée à la préservation de leur environnement.

Pour certaines tribus, faire connaître leur cause est une question de vie ou de mort.

Nous pouvons vraiment les aider à conserver leurs modes de vie et leurs traditions.

De notre côté, ils peuvent nous rappeler comment nous connecter à la nature. Et c’est une urgence de leur donner le maximum d’écho ici en les intégrant à nos réflexions, projets et visions. Les pays développés comme le nôtre ont perdu de vue leur lien avec l’environnement. Ces peuples nous montrent des alternatives à notre idée de progrès.

Les peuples premiers voient les plantes, les animaux et les hommes comme une même entité. Ils considèrent la forêt comme un écosystème dont ils font partie, remercient les arbres avant de les couper… Cela pousse à la réflexion. La médecine de l’Amazonie est d’une richesse et d’une efficacité insoupçonnée. Elle oeuvre avec le vivant et non pas en utilisant les molécules, sans en comprendre le mécanisme précieux de la cohérence de la plante. Un ami médecin me disait que probablement, une des raisons de tous les effets secondaires de notre médecine sont reliés à cette logique de disséquation. C’est à un élargissement de notre vision que ces peuples nous invitent, bien au-delà de nos idées de durabilité. Ils nous permettent, avec simplicité, à travers la voie du coeur, de nous reconnecter ensemble et à la nature.

Ils sont la réponse à la majeur partie de nos préoccupations car en découvrant l’immensité de la richesse des Indiens, nous découvrons ce qu’ils peuvent nous enseigner en termes de rapports avec l’espace et la nature, un rapport sain à la vie, leur médecine, leur logique d’organisation sociale inclusive et humaniste. Leurs pratiques et leurs savoirs sont assurément, face aux défis actuels du réchauffement climatique, dignes du plus grand intérêt pour l’humanité en général.”

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